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PÈRE MARIE-BENOÎT

UN JUSTE

Parmi les NATIONS
1895 - 1990

_-Au Panthéon le Jeudi 18 Janvier 2007, Hommage aux JUSTES de FRANCE - Photo du frère Gilles Rivière_____

Pour évoquer aujourd'hui cette grande figure de la résistance au nazisme et la reconnaissance de tous ceux qui lui doivent la vie, il serait difficile de rassembler ici, les innombrables témoignages de celles et ceux qui, grâce à son courage ont échappé aux camps de la mort. Nombreux furent, en leurs temps, les articles de presse qui ont étés consacrés à son action.

 

Nous avons eu la chance de retrouver celui du "SOIR", organe "Républicain Quotidien" N°615 daté du Mercredi 11 Septembre 1946.
"Un résistant sous le froc",
il est signé par A.N. Il nous a paru important de le faire figurer en tête de notre site, car ce n'est pas le P.Marie Benoît qui raconte, mais ceux qui furent les pricipaux collaborateurs et témoins de son action : M.Kastersein et M André Bass. (Photo qui figure dans l'article du "Le SOIR"

En septembre 1946, ils se retrouvent à Paris. Ils tiennent à ce que la France sache ce qu'ils doivent à ce capucin résistant, ils alertent un journaliste A.N.(?).
(Le Journal "LE SOIR" est l'édition vespérale du "PROVENÇAL")

 

... et voici le texte de ce trés long article d'une pleine page, une seule photo y figure, celle qui précède: le Père entouré de deux de ses complices. Nous avons cru bon d'en ajouter quelques autres particulièrement significatives, pour en rendre la lecture plus facile.

"M.Pierre Péteul, un des héros les plus authentique de la Résistance française, est actuellement de passage à Paris, venant d'Italie, et nous avons eu la bonne fortune de le rencontrer. M.Pierre Péteul n'est pas un homme ordinaire. C'est un moine, un vrai moine de l'Ordre de Saint François, autrement dit un capucin. Il porte une belle barbe noire, comme le veut la Règle de son Ordre, et des lunettes de savant protègent un regard d'une noire acuité. En religion, il se nomme le Père Marie-Benoît et il est bien connu des Juifs de Marseille et de Paris, ainsi que de tous ceux qui, aprés la capitulation de Pétain, furent en butte, dans le sud de la France aux tracasseries de Vichy, avant que d'être exposés aux persécutions de la Gestapo.

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"De 1940 à 1941, le Père Marie Benoît eut dans le Résistance une grande activité individuelle, mais de 1941 à1943, cette activité entra dans les rangs de ce qu'on appelait alors une "filière d'évasion". Cette double activité commencée à Marseille, se poursuivit à Rome, lorsque le religieux y fut rappelé par ses supérieurs et elle se poursuivit dans des conditions tellement extraordinaires et aventurières qu'elle mérite d'être connue. C'est en toute modestie que le religieux nous a fait les confidences qui nous permettent de narrer cette ahurissante histoire d'un capucin, devenu faussaire pour l'amour de Dieu, par patriotisme et aussi par amour de ses semblables, selon la loi chrétienne.

Le Capucin interprète
Cela commence à Rome en 1939. Il y avait à ce moment au Collège International des Capucins de la Via Sicilia, un jeune professeur de théologie natif d'Angers en France. C'était le Père Marie-Benoît, estimé de tous pour son savoir et sa gentillesse. La guerre éclate. Le moine trouve tout naturel de se présenter à l'Ambassade de France et de répondre à l'appel de sa patrie. On l'affecte à l'armée du Général Billotte, qui dans les plans du grand État Major, doit entrer en Italie, si celle-ci se range aux côtés de l'Allemagne. "J'aurai besoin de vous a dit le Général au capucin devenu soldat, non seulement comme interprète, puisque vous parlez parfaitement l'italien, mais aussi comme religieux, pour agir sur le clergé transalpin.
Mais les choses tournèrent autrement. L'armée française du Sud-Est n'entra pas en Italie et au bout d'un mois le Général Billotte prenait le commandement du 1er groupe de l'armée du Nord. Du coup les interprètes d'italien devenaient inutiles. Le Père Marie-Benoît, fut renvoyé à son monastère. Il retourna à Rome, où il se remit à enseigner la théologie aux futurs capucins.

Rue Croix de Régnier
Cela dura jusqu'au jour où la gallophobie des fascistes rendit l'air de Rome irrespirable à tous les français. Le Père Marie-Benoît, avide de rendre service à ses compatriotes, reprit le train pour la France, et se rendit régulièrement au Couvent des Capucins de Marseilles, situé, comme on sait. au fond de la rue calme rue Croix-de- Reigner, dans un poétique jardin.

C'est dans ce Couvent que le peintre Adolphe Monticelli, au cours d'une crise de mysticisme vers 1872, était entré faire une retraite avec l'intention de prendre la bure. Avec l'intention seulement, parce que le Watteau provençal n'avait pas du tout la vocation.
À ce moment la situation des Israélites de Marseille était déjà fort précaire. Ce n'était que perquisitions, poursuites, arrestations, chasse à l'homme, tout cela conduit par le commandant Mulder, chef de la Gestapo de la rue Paradis, son lieutenant Bauer et l'immonde Dunker Delage. En bon français, épris de liberté et en bon chrétien aussi, le Père Marie-Benoît prit l'initiative d'une action pour l'assistance aux Juifs persécutés. Avec l'aide de plusieurs français d'esprit résistant, entre autres Antoine
 

Zatarra, mort héroïquement à Buchenwald, le R.P. Parceval, prieur des Dominicains de la rue Edmond Rostand, M André Bass et M. Pierre Chaix Bryan, il réussit à faire évader de trés nombreuses victimes de la police allemande et à les diriger sur la France Libre, en Afrique du Nord, soit par mer, soit à travers l'Espagne.


. Pour voir l'original cliquez.!
=_ C'est là que notre capucin fit son apprentissage de faussaire, car pour la plupart de ceux qui luttèrent contre les persécutions nazies, le faux état-civil était la seule arme possible. Chaque jour, à chaque heure la sonnette du couvent marseillais tintait et un inconnu , homme ou femme se présentait le visage inquiet, l'âme tremblante.
- Le Père Marie-Benoît ?
- Que lui voulez-vous ?

-Je suis traqué par la police. On m'a dit qu'il pourrait m'aider..!
- Le capucin se présentait. De son regard aigu, il scrutait le visiteur. Il le rassurait.

L'homme était sans papier, toujours et trés souvent sans argent. Quand on avait touché à ce havre de grâce, on était sauvé.Pour tout on allait trouver le Père Marie-Benoît, même pour les choses les plus imprévues. Un jour, par exemple, une femme se prèsente. Que désirait-elle ? C'est une Israélite qui veut tout de même célébrer la Pâques juive. Mais elle manque de pain azime. Il faut des tickets pour s'en procurer. Le Père lui en donne.
- Mais ma chère dame, qui vous a envoyé à moi ?
- Mon Père c'est le Grand Rabbin.

Une nuit vers 11 heures, c'est un homme qui, tout essoufflé, veut voir d'urgence le Pêre Marie-Benoît. "Je suis un officier belge, j'étais interné au Brébant. Je voudrais rejoindre les forces libres de mon pays". Hébergé pour la nuit. Puis nanti de faux papiers, le Belge put quitter Marseille par la filière d'évasion. Le Père Marie-Benoît avait eu la curiosité de savoir comment cet interné avait réussi à s'évader du Brébant. L'officier avait confié à son géolier l'envie qu'il avait d'une sortie galante. Le gardien lui avait répondu, "Soit, allons-y ensemble".  

Ainsi avaient-ils fait; Et c'est pendant que le Gardien était occupé avec sa compagne d'un moment, qu'il avait filé. Le Père Marie-Benoît qui en a vu et entendu bien d'autres s'amuse encore à l'évocation de ce souvenoir.

Un évènement l'a profondément peiné : l'arrestation et la mort en captivité d'Antoine Zattara. Ce fut, nous a t'il dit un homme admirable, dont on ne dira jamais assez le courage et l'abnégation et aussi l'inaltérable bonne humeur. Il a laissé une veuve et six enfants, que je serai bien heureux de revoir prochainement à Marseille".

Visite au Pape
Une telle action n'était pas sans péril, repéré par la Gestapo, dénoncé par maints mouchards, le Père Marie-Benoît eût certainement été envoyé rue Paradis 425, si le supérieur de son Ordre ne l'eut rappelé à Rome pour y reprendre sa chaire de théologie. On était en 1943.
Le vaillant capucin allait-il abandonner son action résistante ? Il entendait bien que ce déplacement fut utile à la grande cause. Ayant pris contact avec les différents groupements clandestins d'Israélites et de la Résistance française du Midi, il partit comme ambassadeur de la cause Juive, avec pour première mission de voir le Pape et de lui demander son appui.
La protection des Juifs est dans la tradition du Saint-Siège. Le Pape reçut le moine français avec beaucoup de bienvéillance. Ses premiers mots furent " Nous n'aurions jamais cru cela de la part du Gouvernement de Vichy.!" Le Père Marie- Benoît lui exposa la situation spéciale des Juifs Espagnols et aussi l'urgente nécessité d'évacuer vers l'Italie, et ensuite vers l'Afrique du Nord, les Juifs de la zone française occupée par l'armée italienne, pour les mettre à l'abri.

Les évènements politiques se précipitant, ce projet ne put se réaliser, mais des milliers de Juifs talonnés par les chasseurs de la Gestapo purent tout de même se rendre à Rome. Cela se passait aprés la chute du fascisme. Ils furent reçus par le Père Marie Benoît, devenu le "Padre Benedetto". Celui-ci, sans perdre de temps avait constitué un Comité intitulé " Delegazione assistenza a emigranti" dont il devint assez vite le Président, et qui comprenait, M. Aaron Karsterstein, M. Stephan Schamm, M. Settimo Sorani et M. Joseph Lévi. Ces cinq hommes firent des prodiges car ils disposaient de moyens presque nuls.

Tous les fugitifs échappés de France étant arrivé les poches vides de papiers et d'argent, il fallait les héberger et leur donner une situation légale. On les logea provisoirement à l'orphelinat israélite situé de l'autre côté du Tibre . Aprés quoi, on se préoccupa de les placer dans les divers hôtels et pensions de la ville.
Mais les hôteliers romains craignaient comme la peste ces voyageurs sans bagages et surtout sans identité sur papier. Malgré les adoucissements apportés par le régime de Badoglio, on ne badinait pas avec les règlements. Il fallait donc trouver pour les protégés du Père Marie Benoît, allias Padre Benedetto, un moyen définitif et efficace de sauvegarde.

Les Faussaires du Couvent
Ce moyen c'était les faux papiers. Il n'y en avait point d'autres. Le supérieur du Collège de la Via Sicilia, un Belge, le Père Donat, était heureusement courageux et tout dévoué à l'essor de la Résistance. Il accorda carte blanche au Père Marie Benoît. Celui-ci commence par exhumer de la poussière monastique, où elle dormait depuis des lustres, une vieille machine à composer, avec laquelle, sur un modèle authentique, on imprima,

=_ au moyen de cartons et de papier, des cartes d'identité françaises.

Mais la grande difficulté fut le timbre fiscal. Impossible de s'en procurer. On eut alors l'idée de le remplacer par de simples timbres-poste. Si quelque autorité s'en étonnait, on lui répondait qu'en France, à cause de la pénurie, on avait remplacé le timbre fiscal par un timbre postal !

On verrait bien ! Et l'on batit le rappel,

par tous les amis du Collège, des timbres postes anciens et récents, venus de France. Ces timbres, soigneusement décollés, puis recollfurent abondamment tamponnés, afin de cacher les traces de leur oblitération.

Quant aux tampons portant le chiffre de Paris, de Lyon, de Saint Gervais-les- Bains, ils avaient étés fabriqués avec beaucoup d'habileté par des graveurs italiens, amis du Comité.

L'aide des Suisses
Au moyen de ces cartes qui leur donnaient un nom, les Juifs de France, ou devenus français , par la grâce du Père Marie Benoît, n'avaient plus qu'à se présenter à la légation de Suisse. C'était elle qui, depuis l'état de guerre entre la France et l'Italie, avait été chargée des intérêts français.
Les fonctionnaires helvétiques ne furent point dupes des cartes trés approximatives qu'on leur présenta. Seulement ils étaient acquis tacitement à la grande cause de la liberté et ils feignirent d'y croire. La légation délivrait un document de protection, sorte de permis de séjour valable pour la seule ville de Rome, moyennant quoi les titulaires pouvaient obtenir des autorités italiennes un permis régulier et des cartes d'alimentation. Ils étaient sauvés. !

La question d'argent
Mais une question restait épineuse : la question d'argent pour les réfugiés.
Afin de la résoudre, le Comité se mit en relation avec des ambassadeurs d'Angleterre et des États-Unis auprés du Saint Siège. Les rencontres du Père Marie-Benoît avec ces deux diplomates avaient lieu chez Mgr Hérissé, un français de 82 ans, chanoine, demeurant dans le même immeuble que les ambassadeurs, Cité du Vatican, et qui rendit à nos compatriotes des services éminents.
Les deux diplomates firent le nécessaire, dans leurs pays respectifs et un Comité américain qu'on avait créé à cet effet déposa un certain nombre de dollars dans une banque de Londres.
Le malheur fut que ces dollars ne pouvaient entrer en Italie. Il fallait trouver sur place des personnes les achetant et, sur la seule garantie verbale qu'ils existaient réellement à Londres. Là encore on trouva des citoyens dévoués à la cause des malheureux. De la sorte, le Comité put distribuer une somme de 25 millions de francs à 4.000 réfugiés, dont 1.500 Juifs étrangers et 2.500 Juifs italiens.

Aide aux soldats alliés
Mais le "Padre Benedetto" et ses amis ne s'en tenaient pas au seul sauvetage des Juifs. Ils recueillaient et aidaient les officiers et soldats alliés qui parvenaient à s'évader des camps de prisonniers. Anglais, Russes, Polonais, Français s'en venaient sonner au Collège de la Via Sicilia. On les hébergeait, on leur procurait des habits civils. C'était là le plus difficile. Il fallait avoir recours aux fripiers de préférence Juifs. Des affiliés se rendaient dans les petites boutiques , enfilaient l'un sur l'autre deux ou trois pentalons, autant de vestons et les apportaient au Couvent, et nantis de faux papiers et d'argent, les prisonniers étaient dirigés de ville en ville, vers la liberté.

Deux drôles de Fritz Un jour que le Père Marie-Benoît se trouvait sur la Place Saint Pierre, en compagnie de M.Kasterstein, il remarqua deux soldats allemands qui ressemblaient à de singuliers touristes.

- "Approchons-nous d'eux, dit le moine, nous verrons bien, car ils ont pour des boches une drôle d'allure"... On s'approche. Les Fritz ne parlent pas allemands mais Polonais. M.Kasterstein, qui parle couramment cette langue (puisque il est d'origine polonaise) entre en conversation avec les deux soldats.
Ce sont bien des Polonais, engagés de force dans l'organisation Todt.
- Nous voudrions bien filer.
- Vous le pouvez.
- Comment çà ?
 

- Tenez ce papier et allez à l'adresse qui y est portée. Des amis feront ce qu'il faut por que vous puissiez vous évader sans risque.
Deux jours plus tard les deux "Todt" quittaient Rome sous une identité différente et dans un costume civil qui les faisait ressembler à n'importe qui.

"Le Padre Benedetto arrange tout "
La police italienne ignorait cette activité. Le Père Marie Benoît qui la considère comme une trés bonne police (il estime le SR italien le premier d'Europe) est persuadé du contraire. Il était connu des policiers romains qui le regardaient avec une sympathie un peu railleuse. Et cette impression s'accentue encore lorsque le régime mussolinien ayant été aboli, la francophobie officielle se relâcha un peu.

Un jour les policiers arrètent un étranger suspect. Il a bien ses papiers : un passeport espagnol. Mais celui-ci est manifestement truqué. Conduit devant le commissaire, l'homme proteste : il est bien Espagnol. On va voir. Le commissaire téléphone à l'ambassade d'Espagne, qui répond que l'homme dont il s'agit est absolument inconnu. Il n'y a plus qu'à retirer au faux Espagnol son faux passeport. Alors le malheureux s'affole, avoue tout. C'est un Juif polonais. Si on l'arrête on l'enverra en Allemagne et on le brûlera. Un des policiers italiens qui l'ont arrêté est pris de pitié.
- Va, lui dit-il, ne te désole pas et va trouver le Padre Benedetto; lui arrange tout ! Dans un certain sens c'était vrai : le Père Marie Benoît arrangeait tout. Il "arrangeait " surtout les persécuteurs.

Le Père Marie Benoît échappe à la Gestapo, mais une pareille activité faisait courir à ceux qui s'y livraient de perpétuels périls. Et les membres du Comité d'aide aux émigrés sentaient se resserer autour d'eux le filet de la police allemande, qui opère encore par le truchement des agents Italiens. Au cours d'un voyage à Milan , le courageux capucin manque d'être cueilli. C'est une histoire rocambollesque.
On se trouvait chez une affiliée italienne qui avait donné son vrai nom à des amis. Ceux-ci ont la malencontreuse idée de lui téléphoner chez elle à la minute précise où la police y perquisitionnait !
 

Les agents allaient se retirer bredouilles quand le nom dit au téléphone leur assura qu'ils ne s'étaient pas trompés, que c'était bien la personne qu'ils recherchaient. Par elle, la police parvint jusqu'aux autres membres du Comité.
On eut le temps de prévenir le Père Benedetto à son hotel. Le moine fourra quelques affaires dans sa valise et fila. Dix minutes aprés, les policiers se présentaient pour l'arrêter.
- La Padre est parti en voyage dit le portier.
On le chercha partout et on ne le trouva pas. Comment l'aurait-on trouvé ? Il était allé, sous une pluie battante, demander asile au couvent de capucins le plus proche. Et la police italienne n'allait pas fouiller les couvents, sauf quand elle était sûre d'y trouver ceux qu'elle recherchait. Le lendemain matin, les premiers trains en parrtance étaient fouillés. Point de capucin ! Et c'est ainsi que le Père Marie Benoît pu échapper à ses poursuivants.
Protection divine ? Chance ? Habileté personnelle ? Il y a certainement de tout cela dans l'heureux destin de ce moine résistant. Il est évident que son habit l'a beaucoup aidé. Sa belle barbe aussi.

- La barbe du Père Marie Benoît, nous disait M. Kastersein lui donna un prestige extraordinaire. Là où nous nous échouions, le Père Barbiche, comme nous l'avions surnommé, réussissait toujours.

Les autres sont arrêtés
Mais si le moine échappa aux rets des polices ennemies, ses amis et associés eurent moins de chance. M. Aaron Kastersein fut arrêté. Interné d'abord à Fossoli, puis envoyé à Buchenwald, il fut affecté à un kommando qui travaillait aux fours crématoires où se brulaient, chaque semaine des milliers de Juifs polonais.
Un jour qu'il regardait d'un œil morne et désolé, appuyé sur sa pelle, passer un sinistre cortège, il eut la douleur d'y reconnaitre son vieux père suivi de toute sa famille. Il peut dire qu'il a vu brûler les siens sous ses yeux.Il a eu l'exctraordinaire chance de s'en tirer et il est aujourd'hui à Paris (étant naturalisé français) où il cherche à refaire sa vie.

Quant à l'autre membre du Comité M. Shamm, avocat viennois, il fut, lui aussi, arrêté en Italie et, déporté en Allemagne. Il a été délivré par les Russes.

***
Le Père Marie-Benoît passe queques temps en France, avant de retourner au Collège de Rome poursuivre sa docte carrière. Dirons nous que cet admirable résistant est proposé pour la Croix d'Honneur et la rosette de la résistance.
Ce n'est pas par lui que nous l'avons su. Mais ces deux rubans feraient bien sur la robe de bure de ce "faussaire" pour l'amour de Dieu et de ce réfractaire par amour de la France et de la Liberté.
. . . . . . . . . . . . . A.N.


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... vous venez de lire un article qui nous sert d' introduction,
mais qui est aussi un témoignage.

__________ ..mais si vous voulez en savoir davantage,vous cliquez sur le chapitre que vous souhaitez lire:

[1] - Il vit à Rome depuis 15 ans, où il enseigne la théologie
-
Juin 1940, un premier séjour de quelques mois à Marseille.
Chapitre 1 Marseille

Démobilisé, il repart à Marseille , au Couvent des capucins, là, il rencontre les Juifs et commence à fabriquer de faux papiers, aumonier du Camp des Milles.. il y travaille jusqu'au 2 Juin 1943.
C'est le Père Marie-Benoit, lui-même qui raconte, son action avec de nombreux amis partageant les mêmes risques. Il exprime les motivations profondes de son action, une action oecuménique. Avant de quitter Rome, il rédige sa lettre à Pie XII, aprés avoir rencontré le Consistoire.

[2] - ROME ...le 23 Juillet 1943, il rencontre Pie XII, en Septembre
- Chute de Mussolini , les troupes Allemandes en Italie,
activités du Comité de la Delassem, il en devient le Président...faux papiers...

[3]- ROME Les terrible semaines qui ont précédé la Libération,
... Milan..Florence... _ROME libérée . . . !
La FÊTE à la Synagogue retrouvée.. et la Grandes Fête du 31-12-1944
Les absents et autres devenus:
Holl Chrlith, Tecchiatti, Kopp,Aron, Schwamm ...

[4]- Ma bataille est terminée -
Décoré de la Légion d'Honneur, par Jacques Maritain
1946 travaille à la recherche des enfants Juifs -1947 Conférence de Seelisberg
1958 Voyage en Israël -1964 Hommage de l'Italie et de l'Amérique
1966 "Juste parmi les Nations"
1984 "Officier de la Légion d'Honneur,
malade et trés agé, il revient à Angers, où il meurt le 5/02/1990

[5] Mais qui était-il ? - 1 -Quelques témoignages de ceux qui
ont vécu avec lui et l'ont bien connu.
2- Sa biographie - Né en Anjou, veut devenir capucin, étudiant à Spy,
novice et étudiant à Breust, mobilisé 1917-1919,
1921 envoyé à Rome poursuivre ses études de Théologie
et d'Écriture Sainte, 1925 : Il les enseigne à son tour, à Rome
d'abord, puis à Tours. Envoyé ensuite à Paris...
Suit une série de photos qui reprennent les grandes étapes de sa vie
et la Bibliographie et liste des documents d'archives de la rue Boissonade.

[6] -20 Juillet 2006, 50me Anniversaire du Mémorial de la Shoah,
à Rome Le P. Marie Benoît n'a pas été oublié .
- 1
er Décembre 2006, à l'initiative de la Fondation Wallenberg, un peu partout dans le monde, on fête ce 1er Décembre 2006, quarantième anniversaire de sa désignation comme "Juste parmi les Nations" , différents textes dont un en portugais.

Pour le Chapitre suivant : Marseille cliquez: 1 Marseille

Pour illustrer ces chapitres nous avon utilisé quelques photos et dessins de "Chronique du XXme siècle" de Larousse et de "30 Giornios" 2006 - N°8 pour les 2 chapitres suivants.

 

Le petit livret qui rassemblait l'essentiel de ce site est désormais épuisé. Gérard Cholvy, vient d'écrire un ouvrage qui paraîtra au printemps 2010 aux éditions du Cerf :

Marie-Benoit de Bourg d'Iré
(1895-1990)

Un fils de Saint François

"Juste des nations"