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- 2- ROME

3 juin 1943

au

4 Juin 1944

- Ici, comme précédemment, la suite du texte du P.Marie-Benoît dans le "Livre d'Or"

- " Arrivé à Rome, je pensai tout de suite à préparer mon audience auprés du Souverain Pontife. Mon Supérieur Général, pleinement favorable à mon activité en faveur des Juifs, m'obtint cette audience le 10 Juillet 1943 et me présenta personnellement au Souverain Pontife. Celui-ci accueillit ma relation avec grande bienvéillance. À propos de l'action de la police de Vichy contre les Juifs, il me fit cette réflexion : "On n'aurait pas cru cela de la part de la France" et il me promit de s'intéresser personnellement aux questions que je lui soumettais.

- " Quatre étaient les points de ma relation au Souverain Pontife :

1° - Obtenir des nouvelles des Juifs déportés de France. On calculait qu'environ 50 000 Juifs, étrangers, mais aussi français, avaient été déportés de France en Allemagne. Un tout petit nombre avait réussi à fazire parvenir de leurs nouvelles. On demandait au Saint-Siège d'organiser des recherches, et j'avais aussi apporté au Souverain Pontife des informations obtenues clandestinement au sujet des camps de concentration de la Haute-Silésie et aussi sur la manière dont se faisaient les déportations en France. Malheureusement, le Saint Siège n'était pas en mesure d'obtenir ces nouvelles des déportés, parce que les autorités allemandes refusaient de donner la moindre information quand il s'agissait de Juifs. ( ..et en annexe B de sa lettre à Pie XII, une liste de personnes dont il cherche à obtenir des nouvelles annotées de sa main: Nadelman Ludwik né le 1 novembre 1906 à Varsovie, ingénieur, déporté de Drancy le 6 mars 1943. Golgensthein Esther, 72 ans et déportée le 26 de Drancy. Dernière trace le 28 septembre en gare de Chalons-sur- Marne. Bedier Joseph né le 20 février 1916. Arrêté par les autorités allemandes au domicile de ses parents, 19 rue de la préfecture à Angers, 21 mars. Transféré de la prison d'Angers à celle de Fresnes à Paris. Au bout de 3 mois condamné à mort avec 7 compagnons. Evêques de Paris et d'Angers obtiennent leur envoi en Allemagne. 2 juillet, transféré pour une détention de 10 ans. Ne donne aucune nouvelle "(Catholique non juif )

 
  .2° - Obtenir un traitement plus humain pour les Juifs enfermés dans les camps de concentration de France. J'avais apporté au Souverain Pontife une relation de Mr. Hirschler, grand Rabbin de Srtasbourg et à ce moment -là, aumonier général des camps de concentration des Juifs de France, sur la triste situation de ces camps. Que put obtenir le Saint Siège à ce sujet ? Probablement rien, étant donné les dispositions de ceux qui dirigeaient l'action contre les Juifs de France.

3° - Faciliter le rapatriement des Juifs de nationalité espagnole qui se trouvaient en France. L'Espagne avait promis ce rapatriement, mais la procédure était extrèmement longue, et, en attendant, les malheureux Juifs étaient exposés à tout instant à être arrêtés et déportés.

" Sur ce point, j'eus l'honneur et la satisfaction de recevoir de S.E.Mgr Cicognani - une lettre qui m'informait de ce qui avait été fait: En voici la traduction :

Du Vatican, le 9 Septembre 1943 - N° 5416/43.

Secrétairerie d'État de sa Sainteté

"Le gouvernement espagnol a donné ordre à ses consuls de France de concéder le visa d'entrée en Espagne à tous les Juifs espagnols, indépendamment de leurs tendances politiques, à condition toutefois qu'ils puissent prouver en quelque manière leur nationalité espagnole ou moyennant documents, ou parce que connusd du consul, ou parce qu'ils se seraient présentés dans une circonstance quelconque à l'un des consulats, par exemple : pour une fête, pour un évènement national, ou par des témoignages plausibles. Délivrer des documents provisoires pourrait donner lieu à des équivoques ou à la substitution de personnes peut-être non-agréées, c'est pourquoi l'activité du R.P. Marie Benoît du Bourg d'Iré doit surtout s'appliquer à démontrer la nationalité de ses Juifs et il trouvera sans plus le chemin ouvert pour qu'ils puissent venir en Espagne. Et il n'y a pas de difficulté du côté du Gouvernementà ce que soit délivré à ceux qui désirent rester en France un document duquel résulte que ces personnes sont sous la juridiction de l'Espagne, mais cela présuppose toujours l'existence de la nationalité espagnole, prouvée, même d'une manière embryonnaire"

"Mgr Cicognani ajoute en outreavoir obtenu l'assurance que, par déférence aux désirs du Saint Siège et selon les sentiments du gouvernement espagnol lui-même, les normes données par le Ministère seront interprétées avec ample générosité.

Je profitte de l'occasion pour. . . Signé : L. Card. Maglione".

. - "Malheureusement, à la date du 9 septembre 1943, où cette lettre me fut écrite, la correspondance de Rome avec la France ne m'était plus possible, et je ne pus m'occuper personnellement de la mise à exécution des mesures qui avaient été prises.

4° Le quatrième point de ma relation soumise au Souverain Pontife concernait le projet de transfert de France en Italie des Juifs réfugiés dans la zone française occupée par les troupes italiennes. Mais les évènements politiques changèrent notablement la face des choses.

" Le 24 juillet, je reçois la visite d'Angelo Donati, venu de Nice à Rome pour traiter la question du projet avec le Gouvernement italien. Il m'informe qu'il a eu un accueil favorable au Ministère des Affaires Étrangères, de la part de Mr. Vidau, Directeur Général, et me demande de songer maintenant à l'aider à trouver des lieux de cantonnement dans l'Italie du Nord.

 

25 Juillet 1943

Chute de Mussolini.

- " Donati est optimiste..! .Le changement de gouvernement ne peut que faciliter notre projet. Donati repart pour Nice et le 7 Août il m'écrit que le consul italien de Nice a présenté officiellement l'affaire au Ministère des Affaires Étrangères. Le 15 Août, Donati est de nouveau à Rome. Je lui fais savoir qu'en cas de besoin j'ai la possibilité de le présenter à l'Ambassadeur de Grande Bretagne auprés du Vatican et au représentant de Roosevelt auprés du Souverain Pontife. Donati fertile en idées, envisage immédiatement de faire passer nos protégés d'Italie en Afrique du Nord et me demande de lui faire rencontrer les deux diplomates alliés. Je prie alors mon vénérable ami, Mgr. Hérissé, qui habite à Sainte Marthe, tout prés des deux ambassadeurs, de solliciter d'eux une audience pour nous, et la rencontre a lieu. Ces messieurs sont favorables. Ils interpelleront leurs gouvernements respectifs.

" Donati, rentré à Nice, m'a écrit qu'il connait les nobles sentiments de Son Excellence Guarraglia, ministre des Affaires Étrangères italien, qu'il sait aussi combien est haute l'estime de Sa Sainteté pour lui, et, étant donné le que le Saint Père a montré, dans l'audience qu'il m'a accordée, à l'importante question de l'entrée éventuelle d'un certain nombre de Juifs en Italie, il a ajouté; "Je pense donc qu'il serait de grande utilité que le Pape fasse connaître au Ministère des Affaires Étrangères italien qu'il apprécie la solution prise en vue par le consul de Nice."

- " Le temps me manque pour faire la démarche envisagée, d'ailleurs elle n'est pas nécessaire. Des mesures concrètes sont déjà prises, Donati de nouveau à Rome, me porte comme preuve de ce qui se fait, un exemplaire du document d'identité qui a été établi, d'accord avec les Autorités italiennes et qui sera délivré à chaque Juif pour pouvoir entrer en Italie. Donati me demande de faire savoir à Mr. Osborne, ambassadeur d'Angleterre auprés du Vatican, que la demande de transfert des Israélites en Afrique du Nord lui a été adressée par la "Delassem" ( Délégation assistunza emigtanti ) et que par conséquent, dans les télégrammes à envoyer au gouvernement anglais, il faut faire mention de cette Délégation et non de Mr. Donati. Il me prie également de communiquer à Mr. Osborne la date à laquelle j'ai été reçu en audience par le Souverain Pontife au sujet de la question juive en France, de lui rapporter les paroles du Pape , à savoir qu'il s'y intéressait tout particulièrement, et de lui dire enfin que j'ai été informé par la Secrétairie d'État qu'on donnait bonne suite aux demandes que j'avais présentées.

- " Les visites et les contacts se multiplient avec de bons résultats. Les gouvernements d'Angleterre et des États-Unis donnent une réponse affirmative. Nous sommes au début de septembre. Les préparatifs sont achevés, il n'y a plus qu'à passer à exécution? J'avertis Donati que j'ai une occasion pour Lisbonne : un de mes confrères qui part pour les Missions se rend au Portugal. Donati me dicte alors, pour le Comité juif de Lisbonne la note suivante, que je reproduis telle qu'elle, pour donner une idée de l'ampleur du projet et de tout ce qui s'était fait en vue de sa réalisation:


" Les nombreux Juifs qui s'étaient réfugiés dans toute la partie de la France occupée par l'armée italienne, sont canalisés maintenant dans la partie des Alpes-Maritimes qui reste encore sous le controle italien, lequel protège les Juifs par tous les moyens, et a mis à la disposition de ceux qui se trouvent dans la Savoie, la Haute-Savoie, l'Isère, etc.. 80 camions escortés par la police italienne. On a l'intention de les faire passer en Italie, mais il est impossible qu'ils y restent, parce que les localités où ils pourraient se réfugier, sont déjà occupées par des italiens, qui, à cause des bombardements, ont fui les grandes villes.

" Ce problème est angoissant, car cette population juive, que l'on peut évaluer à 40 000 ou 50 000 personnes, est exposée en cas d'armistice entre l'Italie et les Alliés, à tomber à la merci des Allemands, qui se trouvent déjà aux portes de la ville de Nice. Pour résoudre ce problème, les gouvernements anglais et américains ont été saisis d'un projet de transfert en Afrique du Nord de ce groupe de Juifs. Le gouvernement anglais a répondu qu'il prenait en sérieuse considération ce projet ot qu'il se mettait en rapport avec Washington, mais qu'il voyait des difficultés presque insurmontabes d'ordre pratique. Ces difficultés, au moins pour ce qui se réfère au voyage, sont éliminées, puisque le gouvernement italien est disposé à accorder quatre bateaux : Duilio, Guillio Cesare, Saturnia et Vulnia pour transporter d'Italie en Tunisie, Maroc et Algérie.

" Le prix de location des bateaux est de 5.500 dollars par jour, auquel il faut ajouter le prix de la naphte et des lubrifiants, les services, la nourriture, les frais portuaires et les risques de guerre. Les quatre bateaux sont à même de pouvoir transporter 10.000 personnes. Les bateaux sont déjà peints d'une couleur spéciale et ont à bord un personnel agréé par le gouvernement anglais, puisqu'ils ont déjà servi pour les transports, en Italie des italiens civils provenant de l'Afrique orientale."

" Le gouvernement anglais est au courant de tous ces détails et, sollicité, a donné son accord et autorisé son représentant auprés du Vatican à proposer officiellement au gouvernement italien d'exécuter cette opération, dont les frais devraient être supportés par le "Joint Américain". Mr. Jefroikin a donné à Nice à Mr. Donati, qui traite de toute cette affaire, l'assurance qu'à son avis le "Joint" n'aurait pas de difficulté à accepter. On aimerait beaucoup en avoir confirmation officielle. Il serait utile que Lord Reading et Mr. Weismann soient immédiatement informés de ce projet et qu'ils fassent œuvre active et urgente pour le faire réaliser par les deux gouvernements anglais et américain, qui jusqu'à maintenant se sont limités à faire des discours et des menaces, mais n'ont jamais eu l'occasion de rien entreprendre pour sauver la vie des malheureux Juifs persécutés."

- " Donati me demande encore de prier le Saint Siège d'appuyer notre projet dans sa deuxième partie auprés des gouvernements de Londres et de Washington et d'écrire à Lord Reading en Angleterre, par la voie du Portugal dont je dispose. Ce que je fais. Nous sommes au 7 septembre 1943. Qu'on note cette date. Mon confrère missionnaire part le 8 pour le Portugal, emportant avec lui la note Donati pour le comité de Lisbonne et la lettre que j'ai écrite pour Lord Reading, et ce même 8 septembre, un mois avant la date que l'on ne attendait, est publiée la nouvelle de l'armistice italo-allié, qui fait crouler tous nos plans, avec même des complications tragiques, car de nombreux Juifs, concentrés dans la région de Nice en vue du projet Donati, se trouvent aussitôt exposés aux recherches de la Gestapo, qui a envahi toute la zone française auparavant occupée par l'Italie. En somme un beau projet, qui aboutit à un désastre, faute de temps pour le réaliser. (Dans une note du livre de L.Poliakov, " La condition des Juifs en France sous l'occupation italienne" ( Paris 1946, page 40).

" Donati donne à ce sujet la précision suivante : C'est uniquement la publication prématurée de l'armistice par le Général Eisenhower, à l'insu du gouvernement italien - publication dont on n'a jusqu'à ce jour révélé les raisons - qui a empêché le couronnement de l'oeuvre de sauvetage des Juifs réfugiés en zone d'occupation italienne pour leur transfert en Afrique du Nord."

ROME,

. 10 Septembre 1943

à Juin 1944.

 

- " Cependant un fort groupe de Juifs, voyageant en direction de Nice et arrivé à Grenoble.vit son train dévié, sans savoir, ni pourquoi, ni comment, vers Turin et entra en Italie. Ce groupe était dirigé par Mr. Aaron Karsterszt et Mr. Stéphan Schwamm, qui par la suite devinrent mes collaborateurs et amis. Une note de Schwamm me sert beaucoup pour rédiger cette troisième partie de mon résumé. Instinctivement ils poussèrent jusqu'à Rome et allèrent se présenter au Comité Juif " DELASSEM " (Delegazione assistenza Emigrante Ebrei) . On les logea provisoirement à l'orphelinat israélite.

- " Je fus averti de la présence de ces réfugiés par un ami, j'allai les trouver et reconnus parmi eux plusieurs de mes protégés de Nice et de Marseille..."

 

Marianne Spier-Donati, la fille de Angelo Donati raconte pour sa part à la page 86 dans le livre "Retour à Erfurt" Éd. L'harmattan - 2001 ) ;
"Mon oncle me raconta plus tard qu'il avait conçu le projet de faire partir en Italie des milliers de juifs résidant dans la zone d'occupation italienne ; ceux-ci devaient, sous protection italienne, franchir la frontière par les Alpes et descendre vers Gênes dans des camions affrétés par des italiens. Là les auraient attendus quatre navires alliés qui devaient les transporter en Afrique du Nord. Angelo Donati travaillait avec un capucin, le P. Marie-Benoît, qui partit pour le Vatican informer le pape du projet.
La chute de Mussolini le 25 juillet 1943 précipite les choses…
Il fallait faire vite. Mon oncle retourne à Rome fin août pour finaliser l'opération dans ses moindres détails… Mon frère et moi l'avons accompagné dans ce voyage dont je me souviens très bien… Je me rappelle l'avoir longuement attendu dans l'antichambre d'une salle du Vatican où il tenait un interminable entretien avec les représentants britannique et américain. Enfin il apparut, satisfait, me dit qu'il avait obtenu toutes les assurances nécessaires… et qu'on allait sauver les 25000 juifs de Nice… Il nous emmena avec lui à Florence où résidait l'un de ses cinq frères…
Hélas, le 8 septembre nous dînions tous à Florence quand la radio du soir annonça la nouvelle qui fit l'effet d'une bombe : Le général Eisenhower venait de trahir sa promesse de tenir secret l'accord qu'il avait conclu avec le maréchal Badoglio et annonçait prématurément la signature de l'Armistice signé le 3 septembre entre les alliés et l'Italie …L'Italie devint de facto l'alliée des Alliés et en conséquence l'ennemie des Allemands, qui envahirent aussitôt la péninsule.

… Un gigantesque chaos s'installa en Italie… Il en fut de même dans le sud de la France où les Italiens abandonnaient tout dans la crainte d'être faits prisonniers par les Allemands. Les rafles commencèrent, à Cannes, à Nice, …et aussi à St Martin Vésubie où s'étaient rassemblés, avec l'aide des militaires italiens, un millier de juifs en partance pour Gênes… les deux tiers d'entre eux purent s'échapper par des sentiers de montagne, les autres furent arrêtés et déportés. (et page 89 Marianne ajoute…) ...Angelo Donati en voulut toute sa vie au général Eisenhoover d'avoir manqué à sa parole et le couvrait d'imprécations… après le 8 septembre 1943, nous dûmes fuir de nouveau. Mon frère et moi nous réjouissions d'aller vivre au milieu des champs, avec les bêtes, en pleine nature…

"... Il fallait donc recommencer ou continuer l'assistance (continue le Père.Marie-Benoît.)...j e les visitais tous les jours et pris contact avec les dirigeants de la Delassem, que je ne connaissais pas encore. Nos Juifs ne pouvaient rester longtemps à l'orphelinat, car les Allemands étaient arrivés à Rome. On les distribua dans diverses pensions de famille, où le Comité dut payer assez cher pour obtenir qu'on les logeat sans les déclarer à la police, comme le prescrivait la loi. Pour plus de sûreté, j'allais à la police centrale de Rome avec Mr.Sorani Settimio, président de la " Delassem ", signaler la présence et le cas de nos gens, dont un bon nombre étaient sans documents d'identité. On nous accueillit avec bienveillance et le chef du service des étrangers nous dit qu'il suffisait qu'il sache globalement où ils étaient logés et qu'ils ne seraient pas inquiétés.

  - " Une première difficulté serieuse se présenta au début d'octobre au sujet des cartes d'alimentation. Il fallait en procurer à tout prix à nos assistés. L'un de nous fit connaissance d'une certaine personne qui, se disant fonctionnaire du service des rapatriés de l'Étranger, s'intéressa à notre affaire et obtint du service des étrangers plusieurs centaines de cartes d'alimentation provisoires.

- " Mais la Direction du Service des étrangers s'aperçut que la personne en question n'appartenait pas au Service des Étrangers, et qu'ayant soustrait en fraude au Service - dans un but de lucre - des papiers et des tampons, elle avait rédigé elle même la demande de cartes d'alimentation et falsifié la signature.

- " Nous ne savions rien de tout celà, et étions en train de distribuer pacifiquement nos cartes d'alimentation, quand un ami vint me prévenir que nous sommes menacés d'être dénoncés à la police et arrêtés.

- " En toute hâte je cours au Service des Étrangers pour conjurer le danger, et j'eus la chance de tomber sur un homme compréhensif, qui se rendit parfaitement compte que nous n'étions pour rien dans la fraude opérée et que nos intentions humanitaires étaient, non seulement irréprochables mais hautement louables, et il me promit d'arrêter la dénonciation.

- " Le local de la " Delassem " continua à fonctionner pendant quelques temps sous la direction de Sorani Settimio aidé de Giuseppe Levi. Mais arrive le 16 octobre, date terrible pour les Juifs romains. Ils doivent livrer à la Gestapo 50 kilos d'or ; puis une grande rafle en prend plus de 2.000. Nos protégés, étrangers et ignorés. Mais la panique les gagne, non sans raison d'ailleurs, car l'avenir est plein de menaces. Le local de la "Delassem" est fermé. Les archives principales sont transportés à mon couvent de la Via Secilia, 159 : six gros paquets que je tiendrai caché pendant des mois, jusqu'à ce que, le couvent étant devenu lui-même suspect, ils soient transférés chez nos voisins, les Pères Carmes.

- " Pendant quelques temps les réunions du Comité se tiennent tantôt dans une pension, tantôt dans une autre. Mais cela est dangereux. Un jour la pension " Salus " de la Piazza Indispendenza, où logent une quarantaine de nos gens, est cernée par un détachement de la police allemande. Je m'y trouve. Heureusement il y a, dans la cour de derrière, un mur que l'on peut franchir moyennant une échelle, et en quelques minutes tous déguerpissent par là. Je reste presque seul avec le personnel de la pension. Au bout de trois heures, aprés avoir insisté auprés des agents qui perquisitionnent, je suis relaché.

- " Peu à peu notre Comité commence à se réunir au couvent de la Via Sicilia, 159, lequel sera en fait, notre local jusqu'à la Libération ou à peu prés. Une bonne demi-douzaine de salles au moins furent mises ( ou prises) à notre disposition. On utilisa aussi la porte de la Via Boncompagni, qui permettait de fuir en cas de danger. Notre Comité était mixte : Settimio Sorani, président de la Delassem et son secrétaire Guiseppe Levi, du côté italien, Aaron Kaszterszlein et Stephane Schwamm, du coté des étrangers venus de France, et moi comme élément coordinateur et protecteur du dehors. Le président fut arrêté, un jour, avec un faux nom et sans qu'on découvrit qu'il était Juif, et relaché au bout d'une dizaine de jours. il revint courageusement travailler avec nous, mais dut se cacher et à partir de ce moment là, je devins le Président du Comité. D'ailleurs j'étais le seul à avoir la liberté suffisante pour pouvoir me présenter partout, à la police, dans les ambassades et les divers services, etc...

- Le Père Marie Benoîtici, avec quelques uns de ses frères qui l'avaient
particulièrement aidé dans son travail: Le Père Général , Le P. Beaudoin,
le Père Archange, yougoslave, le Père Calixte Lopinot et le frère Portier
qui eut un rôle particulièrement important, durant tous ces évènements..!

- " Je garde de tous mes collaborateurs la meilleure estime pour leur intelligence et leur courage en ces temps si difficiles. J'eus toujours l'appui et l'approbation du P. Recteur du Collège et du R. P. Général. On m'a rapporté qu'un jour, quelqu'un étant allé se plaindre auprés de lui de mes manières de faire plutôt compromettantes, il lui fit cette réponse : " Ne vous préoccupez de rien ; si quelqu'un doit aller en prison avec le P. Marie-Benoît, ce ne sera pas vous, mais moi. " Sûr de cette approbation, je continuai mon action, mais je reconnais volontiers que j'étais en effet compromettant pour le Collège, et qu'à plusieurs reprises on craignit sérieusement une perquisition. Nous fûmes visiblement protégés. Comment les Allemands ou les fascistes ne s'occupèrent-ils jamais de nous, alors qu'en face de la porte d'entrée du couvent, on torturait les partisans et les résistants dans la pension Jaccarini de si triste renommée ?

  " L'activité de notre Comité ?

- " Il y avait tout à faire. Nous avions à assister un nombre chaque jour croissant de Juifs étrangers arrivant à Rome, à la fin plus de 1 500, de Juifs italiens de l'italie du Nord, également réfugiés à Rome, et de Juifs romains, à la fin plus de 2.500, sans compter ceux qui ne faisaient que passer. Des centaines de personnes venaient chaque jour aux parloirs du couvent. Certains qui ne savaient pas mon nom demandaient au portier " Le Père des Juifs ". Cette affluence étant extrèmement dangereuse, on créa en ville des centres de distributions, qui durent d'ailleurs changer souvent, en raison des incidents fréquents qui survenaient. Les groupes constitués répondaient à peu près aux catégories suivantes : Juifs étrangers provenant de France ; Juifs étrangers résidants en Italie ou à Rome depuis plusieurs années; Juifs Yougoslaves; Juifs Italiens non romains.

- " Où trouver l'argent ? Pour se faire une idée de nos besoins il faut penser que la plupart de ceux que nous assistons étaient dépourvus de tout moyen d'existence. Quantité de Juifs italiens eux mêmes, obligés de changer de nom ou de domicile, étaient astreints à dépenser des sommes folles pour pouvoir vivre et s'abriter. Jusqu'en décembre il nous arriva de l'argent de Gênes, où le Cardinal Boetto avait pris la gérance des fonds de le Delassem centrale, mais en décembre notre agent de liaison fut arrêté, s'évada, puis dut s'enfuir en Suisse et nous restâmes sans un sou. Je fis observer que nous avions la possibilité d'approcher l'ambassadeur d'Angleterre auprés du Vatican et le représentant de Roosevelt auprés du Souverain Pontife, et Aaron, qui était habituellement notre pourvoyeur d'idées lumineuses, suggéra d'interpeller par leur intermédiaire le " Joint American Distribution Committee ", organisation mondiale d'assistance aux Juifs. Ce fut notre salut. Mais non sans difficultés et longs pourparlers.

- " Pour aborder les ambassadeurs, je recourus de nouveau à l'obligeance de Mgr. Hérissé, qui malgè son grand âge fut magnifique de dévouement et de savoir faire.

"Je vis d'abord Mr. Tittmann, représentant de Roosevelt, puisque le "Joint" était aux États-Unis. Mr Tittman voulut bien télégraphier à son gouvernement, et aprés une attente assez longue, une réponse affirmative arriva : 20.000 dollars étaient déposés pour nous en Angleterre.

"Ce fut alors, chez l'ambassadeur d'Angleterre que je dus me présenter.

 
Le domicile de Mgr Hérissé était tout proche des lieux de refuge des ambassades des USA et d'Angleterre

Il ne voulait recevoir que moi seul. Les dollars ne pouvaient pas venir plus prés de nous, même pas en Suisse.
"Il fallait par conséquent trouver à Rome des personnes de bonne composition acceptant de nous acheter les dollars en lires italiennes, sur la seule garantie de l'ambassadeur. Nous nous réunissions chez Mgr Hérissé, Sorani et les hommes d'affaires discutaient les modalités de l'opération, et quand tout était au point, je me rendais chez Mr. Osborne lui référais le tout et revenais avec sa signature. Une seconde fois nous dûmes recourir aux ambassadeurs pour demander de nouveau de l'argent au Joint, et les mêmes démarches se firent dans les mêmes conditions. Mr. Tittman exigea de voir les représantants qualifiés des Autorités Juives de Rome, et je me rendis chez lui en compagnie de Mr. Dante Almasi, président de la Communauté, et de Sorani.

- - En 1975, comme celà a été dit en introduction, suite à la publication du 9 me volume des Actes et Documents du Saint Siège, consacré à la 2 me guerre mondiale, le P. Marie-Benoît éprouve le besoin de préciser qu'il n'était pas une "personnalité importante ", s'il a rencontré le Pape , il tient à préciser qu'il ne l'a vu qu'une seule fois, le 16 juillet 1943, il était inconnu du Vatican. Mais son Père Général devait renconter le Pape, ce jour là, sur un tout autre sujet. Comte tenu de l'urgence et de l'importance du projet Donati, le P. Donat de Melle jugea plus important de permettre au P.Marie-Benoît de soumettre au Pape le projet Donati.

- Par ailleurs, il tient à préciser : "Je n'ai reçu aucune mission du Vatican, car j'y étais inconnu. Le secrétaire des États Unis et l'ambassadeur d'Angleterre y étaient réfugiés. Nous sommes allé les trouver "en cachette", selon l'expression de Donati. Ce ne fut ni par esprit d'indépendance, ni par esprit d'indiscipline. Je n'étais nullement habitué à la Secrétairerie d'État, mes compagnons Juifs encore moins. Le Vatican c'était pour nous une montagne. Nous étions pressés. L'intermédiaire de Mgr Hérissé fut pour nous une aubaine inespérée. Il précise plus haut que "pour traiter avec Harold Tittman, représentant des Étâts-Unis et Osborne, ambassadeur d'Angleterre, tous deux réfugiés à Sainte Marthe, au Vatican, on s'était servi de mon ami Mgr Hérissé, qui habitait face à face avec Tittmann, de même avec l'ambassadeur Osborne. et cela " en cachette" comme le dit Donati... Les Juifs de Rome furent reconnaissant à Mgr. Hérissé, et en parlèrent, à sa mort dans le journal : "Israël". En tout cas le Vatican ne fut pour rien dans toute cette affaire. Mais par cette affirmation, le Père Marie Benoît ne conteste pas pour autant l'attitude de Pie XII dans ce moment tragique de l'histoire de Rome. En effet, si plusieurs centaines de Juifs ont pù trouver refuge dans les monastères de Rome et de l'Italie, c'est parce que moines et moniales se savaient invités à accueillr ceux et celles qui étaient recherchés par la Gestapo. Dans certains monastères connus pour la rigidité de leur clôture, Juives et Juifs revêtirent les costumes de moines et moniales. Le Numéro 8 de 2006, "30GIORNO" en rend compte très largement. (p. 44 à 58) Nous avons utilisé quelques photos pour illustrer ce chapitre. On peut demander ce numéro 8 en écrivant à "30GIORNI" (Dans l'Église et dans le Monde)


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Revue publiée également en français : abonati30g@30giorni.it
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Sur le même sujet : " La vérité oubliée par les médias ":
http://perso.orange.fr/radix.ecclesiae/info.desinfo.pie12.html

Le N°9 de "30Giorni de 2008 rappelle à la page 54 que la lettre pastorale des évèques hollandais
de 1942 qui condamnait "l'inhumain et injuste traitement déchaîné contre les juifs par la puissance
occupante", avait entrainé le plus fort pourcentage de juifs déportés et exécutés de toute l'Europe,
79
%. Par ailleurs il rappelle la lettre circulaire de la Secraiterie d'Etat du 25 octobre 1943, donnant
ordre aux instituts religieux et à toutes les institutions catholiques de sauver
le plus grand nombre de juifs.

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- " Au début de décembre une loi parut aux termes de laquelle toutes les personnes arrivées à Rome aprés le 6 décembre ne pourraient plus recevoir de permis de séjour. C'était mauvais signe. On s'attendait à de vastes opérations de police. Il fallait à tout prix légaliser nos gens ou les faire disparaître. Un moment Sorani eut le projet de les envoyer dans les catacombes, où se cachaient déjà beaucoup de partisans, mais on se rendit compte que c'était impraticable. Entre temps Sorani, qui était en trés bons termes avec Mr. Chauvet, attaché à la Légation Suisse ( qui représentait les intérèts français durant la guerre), avait obtenu pour quelques personnes, en possession de cartes d'identité française, des lettres de protection d'usage local. Schwamm eut l'idée de continuer de cette manière et rendit visite à Chauvet, lui montrant une fausse carte d'identité fabriquée par des moyens de fortune, et déclarant qu'il y aurait environ 200 possesseurs de cartes semblables à prendre sous la protection du consulat Suisse.

- " Chauvet visiblement embarassé, d'une part, ne voulant pas refuser, de l'autre, ne pouvant exposer la Légation à des ennuis, répondit que " ce papier était un peu trop mal fait ". Schwamm lui promit d'en apporter de meilleurs. Chauvet répondit qu'il ne pouvait accepter que des documents " qui n'avaient pas l'air d'être faux ".

" Le temps pressait. On se servit des papiers grossièrement fabriqués pour inscrire nos gens dans les registres des hotels et des pensions avant le 6 décembre. Ensuite on perfectionna les choses. Il y avait au couvent une vieille imprimerie à main et je la trouvai dans une chambre à débarras sous la poussière et les objets de rebut. Nous avions parmi nos assistés un imprimeur qui réussit à tirer quelque chose de cette machine primitive et nous donna des cartes d'identité trés "convenables".

" Un de nos amis de la résistance se chargea de faire fabriquer, chez un graveur plusieurs tampons de cinq ou six villes de France, dont nous avions trouvé les empreintes parmi les papiers de nos gens. Le plus difficile était de nous procurer des timbres fiscaux. On les remplaça par des timbres postes.

" Nous en avions quelques uns et on en acheta chez les philatélistes. Mais il en fallait bien trop, nous dûmes employer des timbres oblitérés qu'on maquillait tant bien que mal. C'était fou, mais cela passa. Chauvet s'en contenta, de même l'ambassadeur de Roumanie, Mr. Grigorcin, qui avait, lui aussi adopté nos assistés, ainsi que le Consul hongrois, Mr.Szasz. Par centaines nos cartes d'identité s'écoulêrents; Un jour Mr. Debroise, exConsul français, gagné à la cause des Alliés vint nous en demander pour des personnes qu'il protégeait.

  " C'est un peu fort, lui dis-je, ce sont même les rôles renversés;; ! Un Consul de France qui vient me demander des papiers français ! "" Notre activité ne se limitait pas à procurer aux étrangers des papiers d'identité qui leur permettraient d'obtenir des lettres de protection des consulats auxquels on les adressait. Il y avait aussi les Juifs italiens, qui, changeant de nom devaient se munir de nouveaux documents. Pour eux on ne pouvait pas procéder de la même façon. On recourait aux Comités de résistance~ vec lesquels nous étions en liaison constante, et ils nous procuraient de nouvelles cartes d'identité. N leur défaut, car il faut penser que nous avons secouru des milliers de personnes, on employa aussi des papiers provisoires délivrés aux évacués, aux réfugiés, aux sinistrés de guerre, etc.., tout ce qui nous tombait sous la main.

- " Il fallait renouveler,nos cartes d'alimentation, car les temps étaient devenus beaucoup plus durs. J'allai avec Schwamm parler à Mr. Charrier, directeur du Service d'Alimentation pour les étrangers. Il s'agissait maintenant de " 500 réfugiés provenant de France ", qu'on devait munir de cartes d'alimentation avant qu'ils n'eussent obtenu leur permis de séjour, car la police n'avait pas assez de personnel pour délivrer tant de permis en quelques jours. Charrier comprit et voulut simplement se couvrir en me présentant au Directeur du Service d'Alimentation, lequel comprit aussi et dit à Charrier qu'il pouvait marcher.

-" On convint qu'on fournirait à Charrier, comme pièces à l'appui, des certificats légalisés par le Vicariat de Rome, attestant que le Comité, placé sous ma direction, s'occupait de régulariser la situation des personnes en question. Il s'agissait de faire bonne impression sans trop engager les responsabilités. Schwamm fit polycopier au couvent cinq cent certificats ayant comme en-tête " Comité d'Assistance aux réfugiés , en formation " ( par force" en formation ", car aucune autorité ne nous connaissait, et surtout ne devait pas nous connaître). Je signais comme président du Comité et ma signature fut légalisée au Vicariat par Mgr Dionisi, lequel par ce procédé ne pouvait avoir d'ennuis, car il ne faisait qu'attester l'authenticité de ma signature, tandis que j'avais la responsabilité du certificat. Par ailleurs, au service d'Alimentation, Charrier se contentait de ce document muni du sceau de Vicariat. De plus, comme les italiens eux-mêmes, changeant de nom, devaient eux aussi recevoir de nouvelles cartes d'alimentation. Charrier nous suggéra de les faire se présenter chez lui comme réfugiés ou évacués de l'Afrique Orientale, de la Grêce, de l'Albanie, etc.. munis d'un certificat, dont, pour plus de sûreté, il nous donna lui-même la formule, attestant leur condition et qu'on s'occupait au Comité de mettre en règle leurs papiers.

" Charrier m'a dit qu'il nous avait ainsi donné plus de 1.300 cartes d'alimentation, chiffre énorme, si l'on songe que toutes les cartes étaient données à titre d'étrangers, alors que les mesures les plus sévères leur interdisaient l'entrée à Rome et que les soldats allemands eux-mêmes, en service dans la capitale, devaient remplir des formalités difficiles pour s'en procurer.

... vous venez de lire le chapitre 2 : ROME,
où le Père
a rencontre Pie XII et doit faire face à l'occupation nazie

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..mais si vous voulez souhaitez connaitre la suite,vous cliquez sur le Chapitre:

3 - Rome : Les années térrible...

On le demande à Milan à Florence, les arrestations se multiplient...
il est obligé de se cacher.... enfin ROME est libérée

La FÊTE à la Synagogue retrouvée.. et la Grandes Fête du 31-12-1944

Chapitre 4 - Ma mission de bataille est terminée
1946 il travaille à la recherche des enfants Juifs -1947 Conférence de Seelisberg
1958 Voyage en Israël -1964 Hommage de l'Italie et de l'Amérique
1966 "Juste parmi les Nations" - 1984 "Officier de la Légion d'Honneur,
malade et trés agé, il revient à Angers, où il meurt le
5 février 1990
Chapitre 5 mais QUI est-il donc ?
Témoignage de ceux qui l'ont connu et ses motivations profondes
Sa Biographie Pierre Péteul avait choisi d'être capucin,
il avait 12 ans. Ses études en Belgique et Hollande - mobilisé en 1917,
1921 envoyé à Rome poursuivre ses études de Théologie
et d'Écriture Sainte, 1925 : Il les enseigne à son tour.
Témoignages de ses élèves.
Suit une série de photos qui reprennent
les grandes étapes de sa vie
et la Bibliographie suivie de la liste des documents d'archives de la rue Boissonade.

Chapitre 6 -Le monde continue de lui rendre hommage,
Bruxelles, 50me Anniversaire du Mémorial de la Shoah, à Rome
Le P. Marie Benoît n'a pas été oublié, la Fondation Walenberg invite le monde entier à fêter le 40 me anniversaire de sa désignation comme Juste des Nations.

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Et pour ceux qui ne l'auraient pas déjà lu, l'article du journal Le SOIR du 11 septembre 1946, nous servait d' Introduction , un texte qui est à la fois un bon résumé et un témoignage de ceux qui avaient travaillé avec lui....

à la suite se trouve le Chapitre Chapitre 1 Marseille - Un autre
article de la presse marseillaise
FRATERNITÉ du 26 février 1946.
S'il vit à Rome depuis 15 ans, où il enseigne la théologie
en juillet 1940 il part à Marseille, au Couvent des capucins, il rencontre les Juifs et commence à fabriquer de faux papiers, aumonier du Camp des Milles.. il y travaille jusqu'au 2 Juin 1943,avec de nombreux amis, partageant les mêmes risques. C'est le Père Marie-Benoit, lui-même qui raconte, son action. Avant de quitter Marseille, il rédige la lettre qu'il va remettre à Pie XII, aprés avoir rencontré le Consistoire.

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