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- 5 - . . . mais...qui donc est-il ? . ... |
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"Décédé à Angers le 5 février 1990 notre frère,nous a quittés dans sa 95 me année, aprés 75 ans de vie religieuse et 66 de ministère sacerdotal"."C'est une grande figure de l'Ordre capucin qui disparait. Le Père Marie Benoît fut une grande intelligence et un cur ardent. Il enseigna la théologie à Rome durant 15 ans, puis fut directeur spirituel, 10 années durant, au Collège International Saint Laurent de Brindes. Professeur de théologie et d'Écriture Sainte à Campo-basso, puis de théologie et de philosophie à Tours. Aprés un triennat comme supérieur au couvent des capucins de Paris, il continua d'y vivre pendant 23 ans, avec un grand rayonnement spirituel, jusqu'à son départ pour Angers, en 1989.
Mais l'image la plus forte qui demeure de lui , c'est son action courageuse durant la 2me Guerre mondiale. Elle a fait de lui l'une des figures légendaires de notre temps.L'oeuvre intrépide d'assistance à laquelle il s'est dédié et qu'il a brillamment organisée à Marseille, à Rome, à Florence, a sauvé nombre des Juifs des camps de concentration nazis et des chambres à gaz. Il risque sa vie sans compter. Dans les Juifs persécutés, rejetés, traqués, il reconnut l'humanité, donnant un haut exemple à tous ceux qui aujourd'hui affirment les Droits de l'Homme, sans distinction de croyance, de couleur et de race. Action éminement chrétienne et bien franciscaine qui lui valut le beau nom de "Père des Juifs".
Le Dr Elio Toaff, Gand Rabbin de Rome, lui a rendu ce beau témoignage: "Je crois que dans toute l'Europe , il n'y eut personne qui sût faire ce que fit le Père Marie Benoît, capucin, avec une largeur de vue et une abnégation exceptionnelle, au mépris même de sa vie."
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est repartie avec des documents pour sauver des gens qui se trouvaient dans les montagnes à Borges San Dalmasio ? .. Maman (85 ans) que vous avez aidée à Rome avec ses 5 enfants ne vous oublie pas Dans ma première rencontre avec vous, vous me disiez : "continuez à être une bonne juive ", je vous souhaite de continuer à être un bon chrétien" (Lettre du 23/01/1990) |
Mais que faisait à Rome et à Marseille ce capucin né le 30 mars 1895 à Bourg d'Iré, un gros village du Maine et Loire , à quelques 30 km. au Nord d'Angers ?... sa biographie nous permettra de le mieux connaître ...
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- Pierre Péteul, c'est son nom, ses parents étaient meuniers, des deux côtés. Le moulin paternel est celui de Pommeraye à Bourg d'Iré sur la rivière Versée. Sa mère, agnès Royer était la fille des meuniers de Tremblay, à 4 km. de là. Cette fin de siècle est marquée par de nouvelles sources d'énergies, |
les meuniers traditionnels périclitent, on cherche ensemble une solution, les enfants se rencontrent... Pierre, son père épousera Agnès. Ils auront quatre enfants, mais Agnès, la maman est trés malade, plusieurs fois hospitalisée, ne peut assurer l'éducation de ses fils, et son père, est seul interlocuteur pour l'orientation de ses enfants. Chantre de sa paroisse, très pratiquant.
Les grands-parents avaient eu 13 enfants, dont 4 sont devenus religieux. Pour Pierre, l'exemple viendra de son oncle René Péteul (1854-1886), moine cistercien, décédé au Canada, et dont il prendra le nom de religion.
Vocation à 12 ans, le Père Paulin, capucin est consulté, mais pour étudier dans une école apostolique et devenir capucin, il faut quitter la France, en cette pèriode durant laquelle les religieux n'ont plus droit de cité dans leur propre pays. Une longue lettre du Père Paulin à son supérieur nous donne connaissance du choix
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de cet enfant : Il écrit au supérieur de l'école apostolique des capucins pour lui demander s'il veut bien admettre le petit Pierre parmi ses élèves. En effet la surabondance de candidats au séminaire diocésain ne permettait |
pas de l'espérer : "Un enfant de ma paroisse agé de 12 ans, sortant de l'école des Frères laïcisés, avec son certificat d"études primaires, devait prendre un état. À son père, excellent chrétien, chantre de notre église, il déclare alors qu'il veut être prêtre....
Le père a conscience de toutes les difficultés que rencontrera l'enfant à suivre son attrait et pendant quelques temps, se montre sourd à sa demande. Enfin il vient me trouver. Je lui objecte l'opposition probable de Mgr. l'Évèque... ( compte tenu du petit nombre de paroisses à pourvoir, et du nombre de demandes dans ce diocèse particulièrement riche en vocations...).
Lorsque je le lui dit, cet homme est trés attristé, et me dit que l'enfant ne se tiendra pas pour battu, que pressentant un refus de l'autorité diocésaine, il a déjà dit, "Mais papa si Mgr ne veut pas, il y a des religieux qui prennent des enfants dans des écoles apostoliques : Je chercherai et j'irai n'importe où jusqu'à ce que j'en trouve une et je m'en irai n'importe où ". Le papa de l'enfant me confirme dans l'intention que j'avais d'aller voir le Père Paulin qui fauche dans notre prés tout ce qu'il peut, pour les greniers de St François. Je lui expose comme à vous, mon Révérend Père, sans ombre ni détour.
- L'affaire se présente
à propos, le Père Provincial est ici, je viens de le quitter,
et vous donnerai une prompte réponse.... Hier, j'ai revu le
P.Paulin qui négocie l'affaire avec le P. Provincial. Il me dit:
"écrivez au P.Jules, Supérieur de l'École de Spy, mais il
faut expliquer à l'enfant, voir s'il n'a pas quelque répugnance
à devenir capucin...et à partir si loin ...en Belgique !
"C'est à être capucin que j'avais pensé tout d'abord
et je voulais être capucin plutôt que curé"...
"Alors mon gars, ton affaire est faite, j'écris aujourd'hui
à Spy en Belgique ! Mais tu ne vas pas avoir de la peine de
quitter ton papa et ta maman ..? "Non". "Es-tu
content ?" - Oui ..! " Le père que j'ai vu également
consent au départ. Il a une sur religieuse en Belgique,
c'est comme si elle devait le caliner du matin au soir.. ! "
. Bref, la tante fait passer l'enfant avec elle...le père me
dit encore que, depuis qu'il est question du sacerdoce , l'enfant
est transformé avec cette réflexion: "Un prètre ne fait
pas ceci ou fait celà". On obtient tout ce qu'on veut. Il
devient le modèle de ses frères, dont il est l'aîné. Il
passe, depuis le commencement des vacances, des heures devant
l'autel de la Sainte Vierge et à la chapelle du S.Sacrement. Il
me touche par son acharnement à vouloir être prêtre, côute
que côute; C'est un gros père tranquille , un peu lourd, mais
l'uil est limpide et profond. Toutes les qualités de cet
enfant sont au dedans : "omnis gloria ab intus". Il est
d'une bonne intelligence, pas brillante, un peu distraite ou
absorbée; mais peut-être la Père n'a-t-il pas tort d'attribuer
ces airs mystérieux chez l'enfant, naturellement peu expansif à
la préoccupation de l'avenir" ... La situation fut
souvent difficile, dans la famille. Il était l'aîné de quatre
garçons. . . En octobre 1907, il quitte donc les siens pour Spy
.
Vie de chateau où il fait
bon travailler et vivre ensemble
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1912 au
Noviciat de Breust où ilet prononce ses vux pour 3 ans

le 13
septembre 1913, et va y continuer ses études. Un temps partagé
entre : la prière, l'étude et la vie fraternelle :
Minuit: Matines et Laudes
suivies d'une heure d'Oraison.
6 h. Oraison, Prime et Tierce suivies de la Célébration de
l'Eucharistie
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8 heures : Les cours de
théologie et d'Écriture Sainte Midi : Sexte et None suivies du repas, et de détente fraternelle 15 heures : Vèpres et de nouveau, un temps pour les études... , 19 heures: repas suivi d'un moment de détente et des Complies. |
La guerre
de 1914-1918 le trouve ainsi, jeune étudiant capucin au
Couvent de Breust-Eysden, en Hollande.
Il revient donc en France, il a 20 ans.
| Son Livret militaire dit : "Contre l'Allemagne du 12 janvier 1915 au 31 mai 1919" (Doc. Archives 10 à 15)."Les 12 et 13 août 1916 un grand nombre d'infirmiers et de brancardiers étant hors combat a assuré jour et nuit le transport des blessés dans une zone particulièrement battue par l'artillerie et les mitrailleuses. "Brancardier connu pour son courage à toute épreuve. A été blessé le 7 septembre 1917 sous Verdun en se portant au secours de ses camarades malgré la violence du bombardement. Croix de guerre avec étoile d'argent." Il eut la charge d'enterrer les morts, avec deux aides, qu'il appelait ses tombistes. Cette tâche ne le rebute pas, malgré le choc terrible de la corruption très avancée de certains cadavres avec les mutilations effroyables. Quand les deux tombistes, plus âgés que lui, sont trop impressionnés, il y va tout seul. Il a 22 ans. |
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2 janvier 1917 Il écrit à son supérieur : " Il est difficile maintenant de bien se rendre compte de la mentalité du front. Le Poilu, aigri, devenu irascible par suite de fatigues et de peines de toutes sortes, séparé de tous ceux qu'il aime, exposé au danger presque continuellement pour des raisons qu'il ne comprend pas, toujours occupé, toujours en mouvement, laisse une impression de tristesse Nous avons passé Noël |
| en réserve, aux tranchées. De la boue partout, de la pluie sans cesse, point de local convenable, aussi maigre assistance. Nous avons fait ce que nous avons pu Notre Général de corps d'armée nous a proclamé que cette année serait décisive...! Beau programme qui n'annonce pas qu'il faudra rester couché !" "Notre repos à l'arrière continue. Après avoir fait le métier de vidangeur | ![]() |
et d'égoutier, je suis maintenant au poste de secours. J'ai peu de temps à moi Notre pauvre classe 17 fait pitié Je suis ici avec un bon curé vendéen, très drôle, type du ventre à choux".
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-
Blessé à la jambe en 1917 il est évacué à l'arrière
dans l'Yonne. - 26 septembre 1917 il écrit à son supérieur:Quels jours heureux je coule à l'hôpital. Je passe mon temps à lire. On est ici au pays de St Bernard, je crois qu'il a |
embaumé
pour toujours la contrée du parfum de ses vertus...
- " 28 septembre 1917 "je suis un peu seul malgré
tout et je manque de lecture
J'ai lu tout A. Retté,
disciple de Léon Bloy, (auteur de "Le Salut par les Juifs
"). lui-même déclare qu'il n'écrit pas pour Mlle une
telle ou des bonnes surs,
que les ennemis de l'Eglise, qu'il connaît trop bien, ont besoin
d'apprendre que les catholiques ne vivent pas plongés dans un
bénitier
Si
lui-même évoque Léon Bloy dans ses lectures, tout laisse
croire qu'il n'est pas indifférent à ce nouveau courant de
pensée qui illumine cette fin de siècle avec la conversion de
Jacques et Raïssa Maritain, dont Léon Bloy avait été le
parrain. . . Un peu plus tard il lira Jacques Maritain: "
L'intelligence est une faculté parfaitement une dans son être,
mais qui travaille d'une façon toute différente, selon quelle
connaît pour connaître ou qu'elle connaît pour agir. Si
l'homme connaît, ce n'est plus pour se reposer dans la vérité,
c'est pour se servir de ses connaissances en vue d'agir. (Art et
Scolastique)" .'
.
. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . Il n'oublira jamais.. !..
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20 octobre 1917 "J'ai vu un de nos pères de la province de Toulouse. Il est charmant, très simple, méridional jusqu'au bout des ongles; ces gens du midi qui exagèrent tout, qui sont au fond si naturels, et que nous autres du Nord, nous prenons pour des farceurs, connaissent et vivent d'un autre soleil ! Parlant de lui-même : " Malgré tout, le poisson n'est pas dans son eau et J'aspire après la paix. " |
Aprés l'armistrice, encore mobilisé, il participe à la Campagne du Maroc du 7 juin 1919 au 26 août 1919 (colonnes de Bekrik et d'El Hamam).
- "Partis de Bordeaux le 1° juin, nous avons débarqué le 6 à Casablanca. Une mer sans vagues, un peu de vent rafraîchissant. Après avoir été passés en revue par le général Lyautey, Gouverneur du Maroc, nous nous sommes acheminés vers un camp à trois km. de la ville, nous y campons sous les marabouts. Avant de partir au Maroc, une terrible nouvelle m'est arrivée, celle de la mort de ma mère
| Je
suis arrivé trop tard, pour la voir à ses derniers
moments." - Démobilisé, Croix de guerre et cinq citations, Médaille militaire, marquent ces années qui l'ont rendu familier du danger, de la souffrance, et ont éprouvé son courage et sa résistance. Il va pouvoir reprendre ses études de philosophie à Spy et Breust en Hollande. |
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_ | En 1921, compte tenu de
ses capacités intellectuelles, ses supérieurs
l'envoient à Rome pour y poursuivre des études de
Théologie à l'Université Grégorienne. Il réside
alors au Collège International des frères mineurs
capucins. En 1925, Docteur en Théologie, il est aussi
diplômé de langue hébraïque (summa cum laude ! ). D'après le Livret de l'Université Pontificale Grégorienne, ses diplômes: Théologie fondamentale, Docteur en Théologie le 24 juillet 1925 - - Langue hébraïque (summa cum laude probatus) - Langue grecque biblique (cum laude probatur) |
| Dans l'une de ses lettres, il écrit (6 E 66 P)"vous vous servez pour m'écrire de la vue extérieure de notre collège international Le P. Jérôme de Paris ... Préfet des études m'avait choisi comme répétiteur en théologie et j'étais devenu père spirituel du collège. J'y ai vu plusieurs chapitres généraux " | ![]() |
2 septembre 1939, il se rend à l'Ambassade de France, pris en compte à la 580 me, le 7 septembre 1939, interprète à l'État-Major du Général Billotte et à la 15mme D.I., démobilisé le 21 décembre 1939, comme classe ancienne, il revient à Rome.
Mais le 19 juin 1940, il
quitte Rome lors de l'entrée en guerre de l'Italie, se réfugie
à Marseille, comme il nous la dit au Chapitre 1.
- Là il commence son activité pro-juive. Visiteur du Camp des
Milles, Collaboration avec le comité hébraïque de Marseille,
à Cannes, Nice. Rencontre à Lyon avec les autorités Juives du
Consistoire de France. .
Le chapitre 2 nous a dit qu'il est rappelé à Rome, comme père spirituel du Collège International, mais il lui faudra du temps pour obtenir les papiers, et ce nest que le 2 Juin 1943 quil a la possibilité de quitter la France pour lItalie. Son Père Général avait une audience prévue avec le Pape Pie XII pour le 16 juillet. Il lui proposa de laccompagner, ce qui permit au Père dexpliquer au Pape la situation des juifs français, et lui demander son appui pour la réalisation du projet d'Angelo Donati : le transfert de 10.000 Juifs vers l'Afrique du Nord.
Nous avons lu au chapitre 3 que lannonce prématurée d'une paix séparée des Italiens avec les Alliés provoque l'envahissement par les Allemands de la zone française protégée, et de l'Italie, et donc l'échec du projet. Le Père va poursuivre son travail dans la clandestinité, en liaison avec les organisations juives locales, On estime à 4.000 le nombre de ceux qui, à Rome, ont pu bénéficier de faux papiers et de la clandestinité, en particulier pendant l'hiver 1943 -1944.
- 4 Juin 1944 - Rome est libérée..! La foule en liesse se rassemble à la Synagogue. Une fois la fête terminée, le Père, tout en continuant ses cours au Collège International, poursuit son assistance aux Juifs dispersés, et sous son patronage se constitue à Rome un Fichier Mondial des Dispersés, les demandes affluent...
- Le 1er Avril 1945, Jacques Maritain est nommé ambassadeur de France auprès du Vatican. Après la cérémonie du 14 juillet, le Père est retenu au palais Taverna. Le 10 avril 1946, Jacques Maritain le décore Chevalier de la Légion dHonneur (ch. 4).
- 1947 Le P.Marie Benoit est invité avec le Père Calixte Lopinot pour représenter l'Église de Rome à la Conférence de Seelisberg.
-1953 - Il est nommé Professeur de théologie à Campobasso (Italie du sud). Tout en enseignant la théologie il continue son aide aux Juifs dispersés et aux enfants dun orphelinat denfants juifs.
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- Le 3 juillet
1956, Le père Général lui écrit pour lui demander de
retourner en France, où l'attendent les étudiants en
Théologie de Tours :. "Nous avons conscience
de sceller cette belle et féconde période de trente
années environ que vous avez consacrées au service de
l'Ordre en Italie
Vous donniez aux étudiants le goût et l'exemple d'une rigoureuse synthèse intellectuelle C'est cette robustesse que ces prêtres tout jeunes venaient chercher dans le confesseur et le directeur spirituel à la doctrine si sûre |
corroborée par l'exemple discret mais efficace du labeur continu, de la patience inaltérable, du dévouement joyeux".Le Père Louis Dussault qui l'a eu comme professeur, avant la guerre, dit de lui : "C'est un intellectuel novateur, un théologien très sûr. Il était un précurseur, et Vatican II ne lui a rien appris concernant l'Eglise, l'oecuménisme, les religions non chrétiennes. Il souhaite que la pratique soit pensée, réfléchie...
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. . . | Il avait étudié tous les grands systèmes philosophiques. Je crois donc que c'est cette honneteté intellectuelle, alliée à une grande curiosité, une connaissance biblique très complète (sa mémoire était prodigieuse) et un coeur compatissant, c'est tout cet ensemble de dispositions et de connaissances qui l'ont naturellement tourné vers les Juifs". |
C'est un chrétien réfléchissant avec son intelligence d'homme, il s'avance dans des positions nouvelles, pour que la pratique soit pensée, réfléchie. Tout en étant thomiste, il est novateur. Tout commence par la foi, c'est un homme de foi. Il la prend telle quelle. C'est un pur, sans doutes. Ce logicien implacable voulait un cérémonial logique : lieu, orientation, forme, art de l'église. Préférence pour le prêtre tourné vers le peuple, à la grande surprise de l'Ordre et de la Sacrée Congrégation. Il avait pensé aussi à l'organisation des bibliothèques.
| Le professeur est
aidé d'une mémoire prodigieuse. Très doué pour les
langues : il rédige ses conférences, dont les sujets
sont compliqués, et n'a plus besoin de ses notes :
" Quand j'ai écrit un texte, je le sais par
cur ". Il avait étudié tous les grands
systèmes philosophiques. Il déclare dans une
conversation datant de 1947 "il est regrettable
que nos prêtres ne connaissent pas l'art moderne,
littérature et peinture. " Très précis dans ses exposés, très préparés et riches, mais jamais de digressions ni de fantaisies. |
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On pouvait parler librement avec lui. Les objections étaient courtoisement reçues et renvoyées : "cette objection arrive trop tôt. " Il ne contestait jamais, il ré-interrogeait, mais n'essayait pas de convaincre. Il estimait qu'il y avait d'autres pensées que la sienne.
| Le Père Yvon
Person, nous dit: "J'étais frappé par son
regard". . . il n'était pas le seul, tous nous
étions frappé par ce regard . . ! " Trapu, démarche lente et lourde, carrure impressionnante, évoquant le buf qui tire le joug, voix grave, puissante. Il n'était jamais malade.. Il chantait bien, aimait la musique. Il aimait aussi la nature, ses élèves n'ont pas oublié quelques salades de pissenlits ramassées avec un bâton ferré au cours de ses promenades. " Sa journée était rythmée par la vie religieuse. Très régulier dans ses horaires, il écrit les nouvelles de la journée tous les soirs, note les lettres, les événements, d'une manière totalement slynthétique, 2 petits carnets noirs suffisent à accompagner ses faits et gestes et sa correspondance pendant 35 ans. |
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Il avait une toute petite chambre. Presque rien dans sa chambre, il travaillait debout devant un pupitre. Il se servait de la bibliothèque, il n'avait rien à lui.
Calme, écoutant, parlant peu, très peu de lui-même, très secret et très fraternel, humble et proche. " Excusez-moi si je vous demande pardon" ,formule chère au P. Marie-Benoît..! Doc.(6 E 66 R)
Nommé Gardien du Couvent de Paris en 1963, il était très effacé, il n'intervenait que très rarement. Peut-être pas fait pour les responsabilités. Il voyait peu de gens au parloir. Personne au couvent n'était au courant de son action .pendant la guerre.
1er Décembre 1966
Il est déclaré par Israël :" JUSTE PARMI LES NATIONS "
Arbre planté le 12 juin 1978
Mais jamais personne n'a su ce qu'il avait fait. Il a laissé derrière lui ce passé sans jamais en reparler. En 1963 deux femmes étaient venues le voir à Tours, une femme qu'il avait connue jeune fille, qui voulait lui présenter sa fille, le jeune capucin qui leur avait ouvert a supposé qu'elles étaient d'anciennes protégées de Rome, il a voulu en parler au père Marie-Benoît. , et s'est fait rabrouer d'un " vous n'avez pas à le savoir. " bourru et définitif. Il arrivait parfois que des frères, de passage au couvent, lui demandaient ce qu'il avait fait à Rome ou à Marseille... trés aimablement il racontait de belles histoires de courage, mais qui n'avaient rien à voir avec son action personnelle...
...Un fils de Saint François . .
. . . . .
. .
.. . . . . . . . . . . . . . . . . . . .
. . . . . iqui
ne craignait pas de succomber à l'emmerveillement en présence
de la nature, une spiritualité de compassion, de miséricorde.
Il entre dans la résistance par conviction, et compassion. Mais
l'auteur de travaux théologiques sur l'Eucharistie ou de
certaines assertions d'inspiration Bonaventurienne n'a pas vécu
en marge de son temps ... même si les progrés techniques le
laissaient quelque peu indifférent . . .
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Cette prière se retrouve maintes fois dans les notes du Père Marie-Benoît. Il l'a commentée, il en à réécrit de mémoire le thème grégorien, quand il était sous le feu de Verdun.
Il était hors des conflits. Pas de paroles de critiques, par exemple, parlant avec un prêtre ouvrier : " Est-ce que vous priez ? ".
À Paris, il continue son travail, le plus discrètement possible au Couvent de la Rue Boissonade.. Dans une lettre du Provincial datée du 24 septembre 1964, on trouve la note suivante(doc; n°42):
|
~~~~
La
légende dorée. ...
...histoire vigoureusement démentie
par le père Marie-Benoît
! |
~~~
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Dans l'une de ses
lettres datée du 24 octobre 1982 (6 E 66 P), il écrit: " En voici une bien bonne qui m'arrive, à mon âge. Un agent du ministère de la défense est venu me voir, il m'interroge sur mon identité on veut me faire officier de la Légion d'honneur On ne m'a pas donné de motif. Evidemment c'est comme Pierre Péteul qu'on m'atteint. C'est mon devoir de vous le faire savoir. Que ce soit pour l'honneur de l'Eglise et de notre Ordre ". |
C'est l'amie Laurence Perdu qui avait demandé cette décoration pour le père... elle avait tenté de la lui faire décerner à l'Hôtel de Ville, mais le père, invoquant son grand âge, avait presque refusé cette décoration. C'est donc à son couvent de la rue Boissonade qu'elle lui fut remise, en présence de ses frères et de nombreux amis, comme nous en avons rendu compte au chapitre précédent. Trés fatigué, il quitte Paris en 1989, pour y mourir le 5 février 1990.
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Le
CID à Bruxelles, pour le 50me
Anniversaire du Mémorial de la Shoah, à Rome °°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°°° Et pour ceux qui ne l'auraient pas déjà lu, l'article du journal Le SOIR du 11 septembre 1946, nous servait d' Introduction , un texte qui est à la fois un bon résumé et un témoignage de ceux qui avaient travaillé avec lui.... Chapitre 1 Marseille - À la suite se
trouve le Chapitre 2 ROME . 3 - Rome : Ces terribles semaines qui ont pécédé la libération ! ...On le demande
à Milan, à Florence, les arrestations se multiplient... Chapitre 4 - Ma mission de bataille est terminée 1946 il
travaille à la recherche des enfants Juifs -1947
Conférence de Seelisberg - Enfin la bibliographie si vous le souhaitez. |
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Suivent quelques photos qui
n'ont pas trouvé place dans les différents chapitres.
...

Portrait peint par
Montis
Quelques images reprennent ici les principaux évènements de sa vie :


.......Au fil des jours...dans le Couvent de Breust

Au milieu des copains,
les poilus infirmiers
..Le Père Marie Benoit, jeune professeur au
Collège
International de Rome: élève... et enseignant, 30 ans de sa
vie!
~~~~~~~~~~~~~~~

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et à Rome . . . de Juin 1943 à Septembre 1944, ... à Rome comme à Marseille, un travail qu'il valait mieux faire à l'abri des regards indiscrets d'une police implacable ... ... Maintenant vous en connaissez l'histoire !.. |
Plus
tard...bien plus tard...le Père Marie-Benoît sera obligé de
témoigner en faveur de ceux et celles qu'il a sauvé, pour leur
permettre de retrouver leur identité et les aides financières
dont elles ont besoin, il témoigne ici en faveur de Mme Fallmann
: "Réfugié en France, à Villelaure (Vaucluse), avec sa femme Idaet ses
deux filles, Rachel et Esther; M.Fallmann fut arrêté,
déporté, et ne revint plus...les trois femmes réfugiées
quittent ..
|

Aprés
avoir
reçu la Légion d'Honneur, avec ses frères rassemblés

André Chouraqui, le Maire de Jérusalem était là ainsi que le
Rabbin René-Samuel Sirat, Grand Rabbin de Paris.
Sur le "Livre d'Or de ce jour on peut lire aussi :

Les neveux et nièces ont étés heureux d'ajouter leur petit mot
:

...Et
ce jour là, pour être agréable à ses neveux et nièces, il
accepte de se faire photographier dans le cloitre du Couvent de
la rue Boissonade avec toutes ses décorations..!


...
et merc à ceux qui voudront
bien nous faire connaître d'autres documents et qui nous feront
part de leurs remarques et autres suggestions. (12 Aril
2007)
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Inventaire sommaire des Archives concernant le Père Marie Benoît au Couvent des Capucins de Paris, 26 rue Boissonade:
13
L m 76 Carnet , journal, papiers personnels : voir 2 J M 78
1895-1990
13 L m 77 Lettres de guerre 1915-1919
13 L m 78 Correspondance
13 L m 79 Correspondance avec Stephan Schwamm
13 L m 80 Correspondance Benazerat
13 L m 81 Presse. Documents, articles sur les juifs à Rome 1942-
etc.
13 L m 82 Presse : 1)
action du père Marie-Benoît en faveur des juifs.
2) articles de presse jusqu'en 1998 1942-1998 13 L m 83
1) Extraits du livre d'or des congrégations
2) dossier sur la plaquette du père Tharcisius
3) " Les Justes " de Bauminger, Israël, 1970
4) " Ceux qui ont sauvé nos frères " de Philip
Friedman (15p) 1945-
13 L m 84 Action en faveur des juifs. Association Delasem ;
Amitié judéo-Chrétienne
13 L m 85 Amitiés juives
13 L m 86 Les décorations
13 L m 87 Journal. Album de signatures 1984
13 L m 88 Décès, cérémonies 1990
13 L m 89 Cours de Théologie
13 L m 90 Conférences de Théologie 1916
13 L m 91 Notes sur le rythme grégorien
13 L m 92 Reproduction photographique d'un portrait du père par
G. Montis
13 L m 93 Album souvenir du séjour au couvent de Campobasso
1953-1956
13 L m 94 Photos
13 L m 95 Photos
13 L m 96 Cours de métaphysique
13 L m 97 Papiers donnés par Laurence Perdu
======================
Honoré
dans le monde, le 1er Décembre 2006
Voir : chapitre 6